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Ce compte-rendu a été rédigé par un des stagiaires présents, M. Novi. Les photos ont été courtoisement confiées par MM. Novi et Ottavi, merci à eux de leur contribution.
Sensei SHIOMITSU Masafumi, 9ème DAN Hanshi STAGE de NICE – janvier 2008
Les 18, 19 et 20 janvier 2008, Patrick Dupeux (Wado Nice Lanterne) organisait pour la 17ème fois le stage d’hiver de Nice avec le Sensei Masafumi SHIOMITSU, 9ème dan. Kazutaka Otsuka Sensei, 6ème dan FFK, l’assistait et un invité de marque était présent le dimanche : Maître Yuichi Sato, 7ème dan FFK Shotokan Ryu. Au cours du stage, M. Didier Schiarla, Président du Comité Départemental 06 de la F.F.Karaté a remis à MM. Shiomitsu et à K. Otsuka la Médaille du Comité Départemental. Pour l’organisation, Patrick Dupeux était assisté d’Adeline Fernandez, Thierry Bertrand, Philippe Coltat et Patrick Ottavi. Organisation qui n’aura pas failli à sa réputation : un soleil éclatant, sinon une tiédeur printanière, était bien au rendez-vous durant ces trois jours. De nombreux participants sont donc venus de diverses régions de France, de Suisse, de Belgique, d’Italie et de Monaco pour suivre les enseignements du Sensei. Comme à son accoutumée, celui-ci les a fait bénéficier de sa pédagogie originale fondée sur la rigueur et l’exigence mais aussi sur l’explication et la mise en lumière de ce qui est caché (Ura) et latent au delà de ce qui est visible et manifeste. 
Ainsi les kata Pinan Yodan et Bassai sont-ils disséqués, mettant en évidence les (très) nombreux points susceptibles d’être améliorés aussi bien du point de vue de la pratique que du point de vue de la compréhension. D’ailleurs il ne saurait y avoir de différence entre l’exécution d’un quelconque élément de la technique (une position de pied, de coude, un placement du centre de gravité, un changement de direction …) et la compréhension réelle de la portée et de la signification de cet élément. Le diable est dans le détail, comme on dit, et les pratiquants sont invités à toujours se demander pourquoi faire ceci plutôt que cela, même pour un geste qui leur paraîtrait anodin. C’est que, justement, il n’y a pas de geste anodin dans un kata : il y a en revanche des gestes parasites, inutiles ou carrément contraire à la logique du corps, gestes qu’il s’agit d’éliminer. Le Sensei fait travailler de nombreux kaisetsu (interprétations, applications des kata) et les pratiquants ont pu être frappés par leur infinie variété qui s’oppose à une conception rigide du bunkai. Dans Bassai, sur Morote jodan uke – Morote chudan tetsui (double blocage haut suivi d’une double attaque au corps), il est demandé aux pratiquants d’inventer leurs applications à la suite des kaisetsu démontrés par le Sensei. Lui-même démontre dans la même séquence une splendide projection (Sutemi waza) exécutée sur Rodolfe Jaschinsky, lequel épate d’ailleurs tout le monde par la souplesse de sa chute sur le revêtement en dur. Pressentant l’envie de chacun de s’exercer (enfin !) à la "planchette japonaise", le Sensei demande qu’on décroche des murs les tatamis de gymnastique… une attention appréciée et un grand moment pour les karatekas !
Comme lors des kata et leurs applications, le travail technique a été l’objet d’une étude sur la logique du corps en karaté. Le corps dur, carré, tendu, doit être aboli au profit du corps souple, rond, relâché. Ce qui n’exclut nullement la vitesse, la puissance, le tranchant. Le Sensei montre…à partir de la brasse papillon, une série de mouvements d’élasticité qui peuvent être utilisés aussi bien pour l’échauffement que pour la séance proprement dite ou le décrassage de fin de séance et qui favorisent les qualités d’explosivité tout en ménageant un investissement musculaire minimum. Ce principe, Maître Shiomitsu en fait une démonstration qui restera dans les esprits. Il fait mettre en seiza, côte à côte, cinq "costauds". Pour ne pas les nommer : Jacques Grillot, Mathieu Pousset, Patrick Dupeux, Christian Raffoux et Tran Minh. Il se place lui-même en seiza, contre le premier des cinq. On voit le Sensei exécuter des mouvements de décontraction et, sans que ce ne soit par une prise d’élan mais seulement par une légère ondulation du corps, il transmet l’impulsion à son voisin et, de proche en proche, à Tran. Le train d’onde a parouru les cinq pratiquants qui s’effondrent comme un jeu de quilles. Du jamais vu de mémoire de karatéka niçois ! 
Autre démonstration quand le Sensei demande à trois solides pratiquants de le saisir sans ménagements. Le Maître fait à nouveau "la vague" et se débarrasse aisément des trois agresseurs qu’il entraîne en arrière vers une chute irrépressible. Et ce sans utiliser de force avec ses membres, sauf un Ushiro geri en direction de celui des trois qui est imprudemment resté à portée ! « Ça c’est du Wado Ryu karaté ! » conclut-il devant une assistance qui en redemanderait. Le travail avec partenaire, partiellement consacré aux kaisetsu, est également dévolu aux épreuves de tronc commun des programmes 2007-2008 de la Wado Ryu Académie. En l’occurrence : Ippon Gumite n°9 (comment attaquer dans une attaque Mae geri), Ippon Gumite n°10 (comment saisir le bras d’une attaque Chudan zuki puis enchaîner un contre) et les n°3, n°5 et n°8 des Renzoku Waza (enchaînements de techniques de défenses et d’attaques avec partenaire). Ces trois derniers exercices déclinent des formes de combat rapproché. Ils diffèrent selon la précocité de la réponse apportée à l’attaque : Go no sen (défense puis attaque), Sen no sen (attaque dans l’attaque), Sen sen no sen (anticipation). Il est remarquable que des exercices comme les Ippon Gumite (défense sur une seule attaque), dont la totalité (les 10 Ippon Gumite), est connue dès la ceinture bleue soient au programme de tous les pratiquants de la Wado Ryu Académie, quels que soient leurs grades. C’est qu’on n’a jamais fini d’apprendre et de se remettre en question !
Que ce soit pour le kata, le travail avec partenaire ou le kihon (les fondamentaux du karaté en général et du style Wado Ryu en particulier), l’accent aura été mis sur la recherche de la rondeur et de la souplesse. Il ne s’agit d’ailleurs que du respect de la logique du corps : le corps est rond, il est vertical, il est pesant et il possède un centre. De là la fluidité, l’équilibre, la puissance et l’origine de l’impulsion. Pareillement, le corps est UN. De là la recherche de techniques pratiquées en unité. Un thème particulier, bien adapté à la recherche de la souplesse et du travail "en rondeur", aura été pour ce stage le crochetage avec la main (Kake uke, présent dans les deux katas étudiés) qui permet de développer des positions ramassées, des Tai sabaki au plus près, des saisies et des clés où l’on vient finalement peser (grâce au relâchement !) sur le partenaire. Ainsi aura-t-il été captivant (une fois de plus) de voir comment le Sensei conjugue les aspects traditionnels de l’enseignement japonais avec une pédagogie « à l’européenne », le répertoire codifié extrêmement riche du style Wado Ryu avec l’originalité des propositions qu’il renouvelle à chaque fois. Un pratiquant, 3ème dan, me disait après un exercice d’une totale nouveauté : « Avec le Sensei, on est toujours un débutant… ». Le seul fait de s’en rendre compte n’est-il pas le signe de la progression ? Ajoutons que les enfants, à leur niveau, ont pu également goûter à ce travail, et … 
... rendez-vous pour tout le monde au prochain stage d’hiver de Nice : les 23, 24 et 25 janvier 2009 ! Michel Novi (Wado Nice Lanterne)  M. Didier Schiarla remettant les médailles  A la table du Sensei, au restaurant du Campanile de Nice.  Les photographes à l’oeuvre |