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Ce compte rendu est extrait de l'excellent article de Gojira, article qu'il est possible de retrouver dans son intégralité à l'adresse suivante: http://tenryu.over-blog.com/article-12762046.html Merci à Gojira pour son aimable autorisation quant à la publication de cet extrait.
"J'avais vu le wado-ryu "fédéral" à but compétitif dans certains clubs alsaciens. J'avais vu le wado-Ryu de maitre Fukazawa. Je n'avais vu dans aucune de ces pratiques ce que je pensais être le wado-ryu du fondateur qui était quand même 10e dan menkyo kaiden en shindô yoshin ryu avant de s'intéresser au shôtôkan de maitre Funakoshi puis d'aller vers le shorin ryu. Bien sûr il y a des katas de jûjutsu mais dans ce que j'ai vu, je n'ai rien vu qui s'approche d'un quelconque jûjutsu. Lionel aussi avait quelques appréhensions quant à ce qu'il allait trouver avec ce maître.  Démonstration de l'entrée sur attaque de poing avec Jacques Tapol
Tout d'abord il y eu un premier choc: le maître était très jeune. Après maitre Mochizuki, maitre Uemura et ses cheveux grisonnant, voir maitre Ôtsuka était réellement impressionnant. Il a l'air si jeune, tellement jeune qu'on s'attend à le voir attendre l'arrivé du maitre tel son assistant. Mais non, c'est réellement lui. Il se démarque vraiment de ses ainés par son visage, celui d'un jeune homme à peine trentenaire. Il annonce la couleur: il ne parle pas très bien français mais va faire un effort pour parler français pour la durée du stage, du mieux qu'il peut. Il nous dit alors qu'il vaut mieux regarder ce qu'il fait que se concentrer sur ce qu'il dit. Il est vrai qu'il bute sur certains mots, que parfois l'anglais ou le japonais arrive à ses lèvres avant le français mais cela reste tout à fait compréhensible voir ça rajoute un certain charme à ses démonstrations. Durant les 1h30 de démonstration, il a parlé dans un français plus que correct très compréhensible et vraiment entrainant.  Explication sur le blocage qui n'en est pas un puis que le bras de l'attaquant
Il mouille son keikogi autant que les stagiaires. Sa forme de corps est très intéressante et intègre bien la notion de souple du jûjutsu. J'ai vraiment ressenti dans ses mouvements et son travail l'héritage du fondateur au point de vue du shindô yoshin ryu. Mais vous le comprendrez mieux en lisant la suite. - Tout d'abord échauffement articulaire complet avec quelques étirements. - Explication et pratique du kihon de son école avec travail de tout le corps: age uke, shoto uke, uchi uke, gedan barai: tout le corps travail: on descend sur les cuisses, on pivote les hanches, les épaules tout en gardant l'axe central en place. chaque esquive n'est pas qu'un blocage poing fermé, car sur certaines formes maitre Ôtsuka a la main semie-ouverte. par contre je peux voir qu'il envoie une ondulation des chevilles jusqu'au poignet en effectuant au moment du contact une petite rotation du poignet.  Démonstration de la rentrée devant une audience studieuse et intéressée Je retrouve le principe de rotation du poignet sur les parades que l'on utilise en Nihon Tai-Jutsu. Maitre Ôtsuka nous expliquera que la parade dans son école est le même principe qu'un engrenage, la rotation du poignet au contact entraine le mouvement du bras qui n'est ainsi pas bloqué. L'image de l'engrenage est très intéressante, je m'en re-servirai.  Parade en rentrant: la main qui défend est ouverte, on peut voir une petite rotation de l'avant bras tel qu'on le fait en NTJ Travail à deux, sensei Ôtsuka nous démontre chaque mouvements en décomposant avec des "sseee!" sonores (c’est son fumikomi kiai… prononcer « seu »).
tori attaque coup de poing avec un sursaut, uke execute une parade haute (age uke) tori attaque, uke execute une parade haute puis contre-attaque. Uke rentre mais sors de l'axe au moment du contacte du bras faisant la parade avec le bras qui attaque esquive contre-attaque en même temps 2 enchainements avec projection et contrôle au sol 2 travaux sur le principe d'attaque au couteau
 Parade main ouverte en entrant avec léger déplacement Maitre Ôtsuka travaillera un moment avec Jacques Tapol (qu'Lionel aura reconnu... au passage quelle culture ce Lionel, il connait non seulement la culture japonaise et okinawaienne de son art mais aussi la culture française... il m'épate). Je voyais Jacques Tapol attaquer fortement à chaque fois maitre Ôtsuka sortait de l'axe en effectuant les tai-sabaki très courts que l'on apprend en jûjutsu et qu'il nous a montré jusqu'à maintenant puis enchainais les techniques avec des "ssseeeeee!" sonores. Jacques Tapol attaquait, et "ssssseeee!" esquive age uke en souplesse, "se!" contre-attaque, "se!" saisie de la nuque et "ssee!" projection J'ai pris le travail "au couteau" comme un travail traditionnel et surtout pédagogique pour apprendre à bouger.
L'attaquant fait un grand arc de cercle pour bien armer le couteau derrière et un autre arc de cercle pour attaquer en visant le sommet du crâne. Un peu comme si l'attaquant était en armure et que cela nécessitait un mouvement ample pour pouvoir attaquer sans être gêné par les épaulettes de l'armure. Le travail de mouvement et de placement était des plus intéressants. Le travail est montré comme un travail didactique et pédagogique. Le couteau arrive on esquive les épaule pour que le dos se retrouve parallèle au bras qui attaque, et lorsqu'on revient on frappe avec l'ondulation qui a été créé par le retour le bras qui attaque puis le visage de l'adversaire, enfin avec une type de projection genre mukae daoshi/iriminage on amène le partenaire au sol. Sensei Ôtsuka nous explique que le but de ces exercices n'est pas la defense mais de comprendre les principes cachés a l'interieur de ces exercices. Il nous dit "il ne faut surtout pas essayer de faire ça contre un couteau! C'est très dangereux! Et ça ne marchera pas". Comme tous ses exercices, cela avait pour but de montrer ce qui se cache derrière son école, de comprendre son école et non montrer des techniques de self-défense. Les mouvements sont très fluides, l'enchainement est très bien construit. Je ressentais vraiment dans son école la forme JÛ des parades, les tai-sabaki ainsi que les projections et contrôles qu'on peut trouver dans le jûjutsu. Maitre Ôtsuka se donne sans compter et transpire autant que nous alors qu'il démontre la technique à grand renfort de "se!"  Maitre Ôtsuka et Gojira C'est une personne très souriante. Passionnée par son école et qui réussi à transmettre cette passion par son enthousiasme et sa bonne humeur communicative. A la fin du cours, Jacques Tapol dira de lui que c'est quelqu'un de vraiment très bien, très travailleur, très concentré, très appliqué et qu'il l'a en très haute estime. Lionel ira saluer Jacques Tapol qu'il a rencontré à Okinawa en 1998 et lui donnera le bonjour de goya champuru qu'il connait aussi. Il me troue le cul Lionel! J'irais voir le sensei pour me prendre en photo avec lui. Je lui demanderais en japonais si je peux faire une photo. Il répondra en japonais "Ohhhhh, vous parlez japonais" je dis que non, vraiment très très très peu. Il me dira: "comme moi pour le français" Si je parlais japonais comme lui parle le français je serais vraiment heureux. Lui parle le français! Moi je bredouille quelques mots de japonais.
Ayant remarqué sa façon de se mettre à genou pour le salut, je lui posais la question sur l'origine. Car en NTJ, on se met à genou de la même façon mais en descendant le genou gauche (car inspiré de la façon dont un samurai se met à genou avec son armure, il est obligé d'écarter un genou vers l'extérieur et ouvrir la hanche pour descendre, la jupe de l'amure gênant le fait de poser un genou à terre en avant ou reculant). Il m'expliquera que cela vient de la cérémonie du thé (cha no yu) que se mettre à genou de cette façon permet d'écarter le kimono et ne gêne pas la descente.
Sensei Ôtsuka est très sympathique, avenant et modeste. J'aurais été vraiment content de pouvoir parler avec lui un peu plus longuement. C'est une personne de grande valeur que j'estime énormément. J'ai eu un réel plaisir à le rencontrer et à avoir un aperçu de son école. " |